Mardi 22 mai 2007


 

Les marais Topé-tope ne sont pas comme les autres. Aucune végétation ne couvre leur surface, aucun poisson, aucun crocodile ne vivent dans leurs profondeurs. Leur surface luit, au contraire, d'un éclat argenté mat et leurs eaux sont mortes. Les marais Topé-tope sont saturés de sel.
Autrefois, des champs fertiles et des prés verdoyants s'étendaient à la place des marais. C'était le pays de la riche tribu Ayayonga. Les Ayayonga s'étaient rendus célébres non pas par le bétail gras qu'ils élevaient, ni par les nombreuses variétés de blé qu'ils cultivaient, mais par le sel gemme qu'ils trouvaient en abondance dans leurs terres.
Casser des blocs de sel n'était pas difficile. C'était plus facile, en tout cas, que cultiver le blé et élever le bétail ! Avec le sel, on pouvait tout acheter : le blé et le bétail, de magnifiques tissus, des bijoux et des armes. Ainsi, les Ayayonga abandonnaient peu à peu le travail, négligeant leurs terres et leurs bêtes, entiérement occupés à l'extraction du sel qui était la source de leurs richesses.
Le puissant dieu Mguri-mgori considérait avec mécontentement l'attitude des Ayayonga. Il décida, en fin de compte, de les punir pour leur paresse. Mais auparavant, il voulait leur accorder une chance.
Ainsi, un vieillard nommé Bakomba dont le pére avait été jadis puissant sorcier, se leva au cours d'une cérémonie pour s'adresser au peuple ayayonga :
"Ecoutez-moi, hommes ayayonga ! Je suis Bakomba, votre congénère, fils d'un grand sorcier ! "
Lorsque l'assistance se tut, Bakomba poursuivit :
"Je suis assez vieux, hommes, pour me permettre de vous parler comme le puissant Mguri-mgori me l'a ordonné. Le puissant dieu est en colère contre vous, car vous négligez votre bétail et ne cultivez plus votre terre. Vous ne faites qu'extraire le sel et amasser les richesses, oubliant vos dieux, y compris le grand Mguri-mgori. Vous n'avez même pas de sorcier ! "
Bakomba n'eut pas le temps de finir. Les hommes se jetèrent sur lui et l'accusèrent de convoitise et d'ambition. Persuadés que Bakomba voulait devenir sorcier pour vivre à leurs dépens, les Ayayonga décidèrent de s'en débarrasser. Un homme proposa :
"Il est avide de notre sel, de nos pierres argentées. Alors, donnons-lui-en ! "
Sur ce, les hommes attachérent le pauvre vieillard à un arbre et le lapidèrent avec des blocs de sel. Avant de mourir, Bakomba S'écria :
"Le puissant Mguri-mgori vous regarde et son oeil affligé détruira votre arrogante richesse ! "
A peine eut-il prononcé ces paroles que le ciel se couvrit de lourds nuages noirs qui commencèrent à déverser des trombes d'eau sur la terre. Dans son affliction, Mguri-mgori inonda de ses larmes le pays des Ayayonga, faisant fondre leur richesse, le sel.
Lorsque le soleil brilla à nouveau dans le ciel, il ne restait rien de la tribu ayayonga, de ses champs et pâturages, de ses mines de sel. A leur place s'étendaient à perte de vue des marais salés, marais qu'on appelle Topé-tope, "Larmes salées ".

musique en  cadeau

Jeudi 26 avril 2007


Kuume et le pigeon.


Il était une fois,
Boore le pigeon et Kuume le…
Ils décidèrent d'aller Manger.
Après avoir fini de manger,
Ils voulurent aller boire.
Kuume proposa d'aller
Se désaltérer aux puits
Tandis que le pigeon
Demanda d'aller
Boire aux lacs.
Mais Kuume n'en voulut
Rien savoir
Et persista sur son idée.
Le pigeon céda
Et ils allèrent donc boire
Aux puits.
Lorsqu'ils arrivèrent
Aux puits,
Le pigeon s'envola
Le premier, but à satiété
Et s'envola hors du puits.
Ce fut au tour de Kuume…
De sauter dans le puits.
Il but à l'excès
Et voulut sortir du puits.
Il s'envola une première fois,
Sans succès, puis une deuxième.
Et une troisième fois
Avant de retomber
Dans le puits.
Alors qu'il était
En train, désespérément,
D'essayer de sortir
Du puits
Des chercheurs d'eau vinrent.
Le pigeon s'envola loin,
Et Kuume … fut capturé.
Alors qu'ils se dirigèrent
Vers le village
Le pigeon les suivit.
Il dit :
J'ai bien dit cela à Kuume
Mon bon ami Kuume
Je lui ai dit d'aller
Nous désaltérer aux lacs
Mais il a exigé d'aller
Boire aux puits !
Kuume répondit :

Huun, Kuume est perdu !
On chassa le pigeon.
Ils parvinrent avec
Au village avec Kuume.
Le pigeon alla
Se percher sur un arbre
Et entonna :
J'ai bien dit cela à Kuume
Mon bon ami Kuume,
Je lui ai dit d'aller
Nous désaltérer aux lacs
Mais il a exigé d'aller
Boire aux puits !

Kuume répondit :
Huun, Kuume est perdu !
On chassa de nouveau
Le pigeon.
On tua Kuume.
Et on commença
A le faire cuire.
Le pigeon se posa
De nouveau sur l'arbre
Et entonna :
J'ai bien dit cela à Kuume
Mon bon ami Kuume,
Je lui ai dit d'aller
Nous désaltérer aux lacs
Mais il a exigé d'aller
Boire aux puits !

Kuume répondit :
Huun, Kuume est perdu !
On chassa à nouveau
Le pigeon qui s'enfuit
A tire d'aile.
Lorsque l'on eut
Terminé la cuisson,
Le pigeon revint de nouveau.
Il entonna de nouveau :
J'ai bien dit cela à Kuume,
Mon bon ami Kuume !
Je lui ai dit d'aller
Nous désaltérer aux lacs
Mais il a exigé d'aller
Boire aux puits ! "

Kuume répondit :
" Huun, Kuume est perdu ! "
On chassa de nouveau le pigeon.
On invita, ensuite,
L'etranger à souper.
Celui-ci déclara
Qu'il n'avait point faim.
A-t-on jamais vu
Un souper qui parle ?
On mangea
Et on jeta aux ordures
Les os du pauvre Kuume.
Le pigeon alla se poser
A côté des os
Et entonna :
J'ai bien dit cela à Kuume,
Mon bon ami Kuume !
Je lui ai dit d'aller
Nous désaltérer aux lacs
Mais il a exigé d'aller
Boire aux puits ! "

Le pigeon s'envola
Et disparut.

 

 

Explication du Conte Soninké du Pigeon et du tisserin
En lisant ce conte, on s'aperçoit que parfois il faut savoir écouter les conseils des autres surtout ceux venant de ses amis. Le pigeon invita Kuume à aller boire aux lacs mais ce dernier préfèra le puits des hommes. Le pigeon connaissant la prédilection des hommes pour la chair du pigeon et de sa famille se méfie de côtoyer l'environnement des hommes. N'est-il pas pourchassé quand il vient picorer le reste de mil éparpillé par les pileuses de mil ?

Une autre leçon qu'on pourraît tirer de ce conte Soninké est la fidélité dans l'amitié. De par ce conte Soninké, on incite les jeunes à rester fidèle dans l'amitié. On voit le pigeon qui n'arrive pas à quitter son ami jusqu'à la fin. Il ne pouvait le délivrer mais il est resté présent jusqu'à la mort.

Dans l'éducation Soninké, l'amitié, la camaraderie naissent souvent bien avant la case de circoncision. Et souvent, cet amitié perdure au dela de la mort. Les enfants considèrent l'ami de leur père, comme le leur. Un ami dans la culture Soninké est un autre soi-même. Il est présent dans bons et mauvais moments. Il répond quand on l'appelle, il est là où on pense qu'il doit être. C'est une personne sur qui on peut compter en toute circonstance.

Souvent, dans des situations difficilesde réconcilliation, on fait appel aux amis car on sait que le protagoniste peut refuser une chose à tout le monde, mais il ne peut rien refuser à ses amis. Ainsi par le conte, on forge le caractère des jeunes Soninké en leur montrant les divers facettes de la nature humaine.

Curieusement, toutes ces facettes de la nature humaine sont présentes dans les caractères des animaux de la savane africaine. Dans les contes Soninké, on traitera la hyène de malhonnête, de fourbe, et de nigaude tandis qu'on prêtera au lièvre la malice, l'intelligence et l'hibileté.

La partie du conte qui est répétée à plusieurs reprises est chantée:
Inke di ke ko Kuume da
da?ulundala!
Xana li?e kuume
da da?ulundala!
In ti on daga xaaru
da?ulundala!
Kuume ti ma gedun
ña danghulundala
Nous remarquerons la facilité avec laquelle il est facile de faire des rimes dans la poèsie Soninké. Ceci est du fait que la langue Soninké est ce qu'on appelle une langue à ton. Tous les mots de la langue Soninké se terminent par une voyelle.

Kuume do Boore: Conte du Pigeon et Tisserin
Kuume do Boore ya ni,
I daga yige. I ga duguta ,
Kuume ti Boore dangha
I nan daga mini gedu.
Boore ti in daga mini xaaru.
Xa Kuume ma du?e,
A ti ma I gan' daga mini gedu.
Boore ken da wara a xalle.
I daga mini gedu.
Boore fina yan yanqqa,
a mini ma a ga fakka.
A kanpi segene.
Kuume xa bonte yanqqana
a mini ma a xa ga fakka.
A ti i wa segene.
A kanpi taa fana,
a kori bakka,
a kanpi ta fillande,
a konto bakka.
Ta sikkande,
a xenu geden noxo.
Kuume do ken
ga me ya tanni,
ño?anon li geden xanne.
Boore ken kanpi a daga.
I da kuume bagandi, I da raga,
i wa te?ene kaani.
Boore sukke do i batte,
a ti: "Inke di
ke ko kuume da,
da?ululundala!
Xana li?e Kuume da,
dan?ululundala!
in ti on daga xaaru
da?ululundala!
Kuume ti ma gedun ya
da?ulundala!"

Kuume ti:
"Hunn… Kuume
ken kutun bogu mene!"

Ño?aanon da Boore xata.
I do Kuume joofe kaani.
Boore daga tufi yitten kanma.
A ti: "Inke di ke ko Kuume da
da?ulundala!
Xana li?e kuume
da da?ulundala!
In ti on daga xaaru
da?ulundala!
Kuume ti ma gedun
ña danghulundala!"

Kuume ti :"Hunn…
Kuume ken kutun bogu mene!".
I yille Boore xatana.
I da Kuume keri,
na a soronden joppa .
Boore ri sigi
yitten kanma xadi
a ti: "Inke di
ke ko Kuume da ,
da?ulundala!
xana li?e Kuume da,
da?ulundala!
in ti on daga xaaru
da?ulundala!
Kuume ti ma gedun
ña da?ulundala!"

Kuume di jaabi :"Hunn…
Kuume ken
kutun bogu mene!
I da Boore xata ,
a kanpi a daga.
I ga duguta soreyen
?a birenbe,
Boore ri xadi a ti:
A ti: "Inke di ke ko Kuume da
da?ulundala!
Xana li?e kuume
da da?ulundala!
In ti on daga xaaru
da?ulundala!
Kuume ti ma gedun
ña danghulundala!"

Kuume ti "Hunn…
Kuume ken kutun bogu mene!"
I sage Boore xatana.
Ken falle, I da
mukken xiri yigeye.
Mukken ti i ke fogu ,
yigande do sefe!
I yige. I ga duguta,
I daga xottun sedi.
Boore daga sigi
xottun kanma.
A ti: "Inke di ke ko Kuume da
da?ulundala!
Xana li?e kuume
da da?ulundala!
In ti on daga xaaru
da?ulundala!
Kuume ti ma gedun
ña danghulundala!"
Boore kanpi a daga.

TAM TAM

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