Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Images Aléatoires

Mercredi 4 octobre 2006

C'est du Sénégal que sont parties les premières notes de cette partition féminine qui allait bouleverser le choeur du chant africain. Celle qui la première tente le pari est une institutrice du nom d'Annette M'Baye d'Erneville (du nom de sa ville natale). À Paris, elle publie un petit recueil de 20 pages, Poèmes africains,[1] en 1965. L'Afrique indépendante n'a que 5 ans alors que sa littérature approchait déjà le demi - siècle. 50 ans pendant lesquels presqu'aucune voix de femme ne s'était fait entendre.

Ces Poèmes africains de même que Kaddu (paroles) ont le ton nostalgique de la mère Afrique, de ses traditions, de ses tabous, mais portent aussi l'euphorie des indépendances nouvellement acquises :


Que ne suis-je Diali
Maître de la Kora!
Que ne suis-je diseur
Gardien des mots magiques!

Les femmes se serrent les reins, et, de leurs lourds pilons,
Rythment la marche sûre du pays qui se lève.


Tama, Gorong, Dioudioung
Disent aux quatre vents
Que l'Afrique est debout
Et va vers la lumière. (Indépendance , Poèmes africains, Kaddu, n.p.)

L'euphorie suscitée par cette Afrique debout n'efface pas pour autant les traces des rituels qui se perpétuent :


Tu es homme, ce soir!
Tu es homme, mon fils!

Par ta chair meurtrie
Par ton sang versé
Par ton regard froid
Par ta cuisse immobile.

Tu es homme, mon fils!

Par la lame tranchante
Par ton sexe éprouvé
Par ta peur refoulée
Par la terre de tes Ancêtres (Kassacks , chant de circoncision, op. cit.)
La mort, tel un rapace plane sur cette Afrique du passé qui se tourne vers un avenir incertain mais fait d'espoirs, de trop d'espoirs. L'Afrique nouvelle offrira-t-elle la vie ou le désespoir et la mort?


Ce soir-là ton chant disait l'amour, disait la mort!
Ta voix a-t-elle encore les accents de la guitare monocorde
Qui dans le pays de sable rythme les contes d'amour?
Sais-tu encore les psalmodies nocturnes
Qui font descendre la lune et la transforment en femme? (Nocturne , op. cit.)
Tu disais ta crainte de l'oiseau géant!
Tu croyais langue fourchue et mauvais oeil!
Qui pouvait penser, te voyant si belle,
Que tu faisais toilette pour Madame-la-Mort? (Requiem , op. cit.)

Annette M'Baye a le mérite d'avoir balisé le chemin pour ses consoeurs qui prendront la plume après elle ...

le site de référence à visiter

Commentaires

vicky bila artiste de la chanson togolaise elle  nous promene a travers


des sons du folk du togo  puisés  a la la source  des chansons africaines  ce qui nous donne un jazz soul  a la couleur  d afrique 

commentaire n° : 1 posté par : le webmaster de vicky bila (site web) le: 30/10/2006 20:34:51

trés bien mon ami je  vais la référencer.

 

bien à vous.

réponse de : Enaïle (site web) le: 31/10/2006 08:31:37
Merci pour cette découverte ! J'aime cette poésie qui renouvelle les mots ! Et j'ai quelque peu la nostalgie de l'Afrique ... Je reviendrai donc vous voir ...

Amitiés
commentaire n° : 2 posté par : Théo (site web) le: 04/05/2008 19:52:13

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Adresse de trackback pour cet article :

http://ann.over-blog.com/trackback.php?ref=227656&ref_article=4050405
ajouter un commentaire créer un trackback
 
Blog : Maison sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus