masque
Sénoufo
Jadis, le singe et la cigogne étaient de grands amis. Un jour, le singe invita la cigogne à déjeuner. Il prépara une purée de mais qu'il servit
dans des assiettes plates.
Pendant que le singe se régalait en puisant à deux mains dans son assiette, la cigogne grignotait la bouillie avec son long bec, ne parvenant pas à avaler une seule bouchée.
Quelque temps aprés, la cigogne rendit la politesse au singe. Elle prépara une soupe de poissons qu'elle versa dans deux hautes cruches au goulot effilé. Elle introduisit son long bec dans
la cruche et but tranquillement la soupe.
Le pauvre singe tournait autour de sa cruche, ne sachant pas par quel bout la prendre. Il finit par la renverser, et c'en fut fait de son repas.
Depuis ce temps, la cigogne et le singe ne sont plus amis.
Diabou N'Dao
Diabou N'DaoDiabou N'Dao
Était une toute petite fille qui habitait un village du Sénégal et, comme tous les enfants d'Afrique, elle aimait beaucoup les gnioules.
(Les gnioules, ce sont ces toutes petites noix qui viennent de ces grands arbres d'Afrique qu'on appelle des palmiers.)
Tous les enfants adorent casser les gnioules pour croquer la petite amande lui se trouve dedans.
Mais Diabou N'Dao en abusait. Elle aimait trop les gnioules.
Même la nuit, quand tout le monde dormait, Diabou restait toute seule dans a grande cour de la maison à casser ses gnioules.
Même quand tout le village était endormi, on entendait encore Diabou N'Dao casser ses gnioules.
Une nuit, alors qu'elle était là toute seule à casser ses gnioules, on entendit un lion rugir très loin dans la brousse.
.Aussitôt, la maman de Diabou N'Dao s'est réveillée :
-Diabou N'Dao, Diabou N'Dao, Diabou, dépêche-toi d'entrer dans la chambre. Tu entends ce lion qui rugit... Certainement qu'il vient vers le village...
-Ah! Je casse mes gnioules, maman. Ce n'est pas un petit lion qui fera courir Diabou N'Dao. Diabou N'Dao casse ses gnioules.
Et elle a continué à casser tranquillement ses gnioules .Tous les jours, elle avait devant elle sa grosse pierre toute plate. Elle y posait ses gnioules, et avec une toute petite pierre, Diabou N'Dao cassait, elle cassait, et au fur et à mesure elle se jetait dans la bouche ses petites noix de gnioules qu'elle croquait ensuite.
Mais on entendit un autre rugissement, beaucoup plus fan. Le lion s'était bien approché.
.Le papa s'est réveillé :
-Diabou N'Dao, Diabou N'Dao, Diabou, dépêche-toi d'entrer dans la chambre. Tu entends ce lion qui rugit. Personne n'osera sortir pour te sauver.
-Ah! Je casse mes gnioules, papa. Ce n'est pas un petit chat malade qui va faire courir Diabou N'Dao. Diabou N'Dao casse ses gnioules.
Et elle a continué à casser...Coye ! Coye! Coye! Elle croquait...Coye ! Coye I Coye! Elle croquait…
Mais à présent, le lion était dans le village.
Ses rugissements étaient terrifiants. Plus personne n'osait sortir. Toutes les portes de toutes les maisons étaient bien barricadées.
Je ne vous ai pas encore parlé du grand frère de Diabou N'Dao. Il dormait dans une autre case, là-bas au fond de la cour. A son tour, il s'est réveillé :
-Diabou N'Dao, Diabou ma petite soeur, Diabou, dépêche-toi d'entrer dans ma chambre. Le lion va sentir que tu es là. Dépêche-toi !
-Ah ! Je casse mes gnioules !
Et le lion est entré dans la maison et s'est dirigé vers Diabou N'Dao.
Diabou N'Dao se lève promptement. Elle jette sa petite pierre et vient à la rencontre du lion. Et le lion avale Diabou N'Dao.
Mais Diabou N'Dao sort par les fesses du lion... Elle avale le lion...
Mais le lion sort par les fesses de Diabou N'Dao et avale de nouveau Diabou N'Dao.
Diabou N'Dao ressort par les fesses du lion, avale le lion et elle bouche ses fesses avec du papier.
Elle s'en va dormir tranquillement et passe une excellente nuit.
Le matin de bonne heure, Diabou N'Dao s'est réveillée. Et elle est partie en courant de toutes ses forces.
Ah ! Tout le monde se demandait où elle pouvait s'en aller, cette fille, en courant si vite. Elle, elle le savait.
Elle est arrivée au marché. Il y avait beaucoup de monde. Chacun achetait ce qui lui plaisait.
Diabou N'Dao s'est frayé un passage au milieu de tous ces gens. Elle est venue se mettre au centre du marché et elle a crié aussi fort qu'elle a pu:
-Ah, vous les gens du marché, je peux bien vous faire peur!
Nous faire peur à nous, une toute petite fille comme toi ? Même tes parents n’arriveront pas à nous faire peur. Il n'y a que Dieu qui peut nous faire peur !
-Ah c’est ce que vous dites! Il n'y a que Dieu qui peut vous faire peur! Est-ce que vous en êtes sûrs ?
Elle a enlevé son papier et le lion est sorti.
Mais lui-même avait si peur qu'il est très vite allé se cacher en pleine forêt. Et les gens du marché ont eu peur eux aussi. . Certains ont eu si peur qu'ils ont laissé tout ce qu'ils avaient acheté, d'autres leurs chaussures , leur bonnet, leur mouchoir de tête.
Et Diabou N'Dao a éclaté de rire...avant de retourner calmement chez elle, continuer à casser ses gnioules.
Et c'est là que le conte finit.
Le premier qui l'aura respiré ira au paradis !